Les Tailleries dans le monde

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A la fin des années 1980, l’importante production de  » near gems  » en provenance de la mine australienne géante d’Argyle est à l’origine de la première grande mutation du segment de la taille et du polissage du diamant. Des tailleries se sont implantées non loin des centres de production.

C’est elle qui a déclenché, en Inde, le développement à grande échelle de cette activité de taille et de polissage, la main d’oeuvre y étant particulièrement bon marché.

La dérégulation du marché s’est poursuivie avec le développement de tailleries dans d’autres pays comme la Thaïlande, le Sri Lanka, la Chine, etc… . La dernière grande mutation est venue de la demande des pays producteurs, en particulier africains, à développer chez eux des centres de taille et de polissage.

Héritière d’une tradition millénaire, qui maintenait une petite activité de taille des diamants, l’Inde est devenue, en une quarantaine d’années, l’un des plus grand centre de taille et de polissage de diamants du monde, devant Israël, bien que sa production minière actuelle soit très faible. La naissance de nombreux bijoux en diamant y ont vu le jour

Le secteur indien de la taillerie est resté très inorganisé: il est constitué d’environ 100 000 petites entreprises employant plus de deux millions de personnes. C’est au Nord de l’Inde, dans l’Etat de Gujarat, que sont travaillés 80 % des diamants transitant dans le pays, avec une concentration de 90 % des unités de taille dans la seule ville de Surat.

Si les pierres travaillées en Inde sont de petites tailles, généralement inférieures à 0,50 carat la tendance amène les centres d’équipements automatiques plus fiables à tailler des pierres de 1 à 2 carats.

En 1999 a été créé une filiale du laboratoire d’authentification Institut International de Gemmologie (IGI) doté d’un matériel complet et ultramoderne et employant 120 experts. Une bourse du diamant à Mumbaï et une exposition internationale annuelle ont également été créées.

La nouvelle répartition des centres de taille

Les principaux centres de taille traditionnels se trouvent en Belgique (Anvers), en Israël (Tel Aviv) et aux Etats-Unis (New York).

Ils restent importants en termes de valeur ajoutée car, grâce à leur haut niveau d’expertise-expérience, ils travaillent des pierres plus grosses et de qualité. En effet, pour les pierres de grande valeur, le gain éventuel sur le coût de main d’œuvre ne serait que marginal.


Salle des marchés de la Bourse des Diamants de Ramat Gan ( Israel )

Après l’Inde, sont apparus de nouveaux acteurs dans la taillerie qui sont la Chine, l’Arménie, le Sri Lanka et la Thaïlande.


Bharat Diamond Bourse à Bandra près de Bombay

En effet, la taillerie compte pour 29 % de la valeur ajoutée du  » diamond pipeline », celle comprise entre le montant des ventes de pierres brutes des négociants et le montant des ventes des pierres taillées.

Parmi eux, la Chine prend une importance croissante dans la filière mondiale, en termes de taillerie et de joaillerie d’abord, en termes de consommation ensuite.

Le secteur de la taille représente 20 000 à 30 000 personnes et moins d’une centaine d’entreprises localisées dans les villes de Panyu (Guangzhou) et de Shenzhen (Shandong).

Avec la création d’une bourse à Shanghai, l’installation de deux laboratoires de gemmologie et une récente baisse des taxes sur l’importation des pierres taillées, la Chine a adopté une politique volontariste servie par une main d’œuvre abondante et bon marché . 
L’objectif est de rivaliser avec l’Inde et de concurrencer les places traditionnelles que sont la Belgique, l’inde et Israël.


China Diamond Exchange Center à Shangaï

Une dernière évolution notable concerne l’ouverture de centres de taillerie et de polissage dans les pays producteurs. Cette mutation est venue de la demande des pays producteurs, en particulier africains, à développer chez eux des centres de taille et de polissage. L’Afrique veut transformer ses diamants chez elle.

Un oligopole africain de l’offre est donc en train de se former face à la nuée de négociants et de tailleurs dans le monde. Et il est d’autant plus en position de force qu’à partir de 2011, la demande va excéder l’offre : les cours vont donc grimper !

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